Budget fédéral
Le 29 mars 2012, M. Jim Flaherty, ministre des Finances du Canada, a déposé un budget qui vise à réduire les dépenses publiques sans pour autant nuire à la croissance économique du Canada au cœur de ce qui demeure une reprise fragile dans la foulée de la crise financière mondiale.
Par rapport aux autres pays développés, et plus particulièrement les pays du Groupe des sept (G7), le Canada s’est relativement bien remis de la plus récente récession qui n’a pas été aussi profonde ici qu’ailleurs et la croissance du PIB canadien se compare avantageusement à celle des autres pays. Même si cette reprise est attribuable en partie à une augmentation des dépenses publiques, le Canada a réussi à conserver le plus bas ratio net de la dette au PIB de tous les pays du G7.
L’autre facteur clé ayant favorisé l’économie canadienne est la croissance continue des dépenses intérieures, particulièrement celles des consommateurs. Comme prévu, le budget englobe des économies de 4,8 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années et tient compte d’une croissance ralentie des dépenses, ce qui devrait éliminer le déficit budgétaire d’ici 2015-2016. Malgré ces économies et la diminution des dépenses, le budget contient plusieurs mesures de nature à stimuler les dépenses des consommateurs et des entreprises, deux éléments qui restent essentiels à la reprise économique du pays.
Retombées sur les dépenses des consommateurs
Dans l’ensemble, le budget déposé ne devrait pas amoindrir la confiance des consommateurs canadiens dans la reprise économique et n’aura que de très légères retombées négatives sur le marché du travail. La capacité du consommateur à appuyer la croissance économique au Canada est cependant amortie par un endettement des particuliers aussi important que persistant, par le prix élevé des maisons et par la perception que l’instabilité de la croissance mondiale a un effet néfaste sur la valeur nette des ménages.
Pour revenir au budget, l’abolition de 19 200 emplois dans la fonction publique fédérale aura assurément des retombées négatives sur le marché du travail au Canada. Malgré tout, le choc sera en partie atténué par l’attrition et par l’amélioration potentielle de l’emploi dans le secteur privé. Le budget prévoit entre autres deux mesures importantes pour que se concrétise cette amélioration de l’emploi au privé, soit un ensemble de réductions des charges sociales des petites entreprises de 205 millions de dollars en 2012 et des investissements de 50 millions de dollars sur deux ans pour stimuler l’emploi chez les jeunes.
Retombées sur les dépenses des entreprises
Les entreprises canadiennes continuent d’avoir accès à du crédit bon marché et sont donc en bonne position pour continuer d’appuyer l’économie canadienne. Le budget 2012 est clairement conçu de manière à accroître l’efficacité des affaires au Canada et à appuyer les secteurs capables de profiter de l’expansion rapide des économies émergentes.
Le gouvernement s’engage plus précisément à améliorer le processus décisionnel applicable aux grands projets économiques (notamment ceux touchant l’exploitation des ressources naturelles), à alléger la réglementation qui entrave les projets de mise en valeur des ressources naturelles, à accroître l’aide aux investisseurs en capital de risque et à la recherche et au développement et à adopter des mesures directes et indirectes d’appui à l’expansion des échanges commerciaux.
Retombées sur la croissance économique
Malgré les compressions de dépenses et les mesures visant à ralentir l’augmentation des dépenses à venir, le budget déposé tient compte de la fragilité de l’économie mondiale, fragilité qui se manifeste au Canada par une croissance modérée. Le budget aura donc probablement peu de retombées sur le potentiel de croissance de l’économie canadienne, d’autant plus que l’administration publique canadienne est bien placée par rapport à celle d’autres économies développées pour prendre des mesures de soutien additionnelles sans saper la confiance des investisseurs ni augmenter substantiellement le rendement des obligations d’État à la suite d’une augmentation des dépenses.
Pour de plus amples renseignements : http://www.budget.gc.ca/2012/home-accueil-fra.html
Préparé par :
Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI
Analyste principal en placement
Gestion des placements et stratégie
Services aux médecins MD
Le 30 mars 2012
