Gestion des placements et stratégie

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Marchés

Au troisième trimestre de 2011, les marchés boursiers de partout dans le monde ont continué à souffrir de la crise de confiance envers les décideurs politiques et économiques. En septembre 2011 seulement, les marchés boursiers canadiens (indice composé S&P/TSX) se sont dépréciés de 8,66 %, ce qui a porté leur rendement à -12,02 % pour l’ensemble du trimestre. Les marchés boursiers américains (indice S&P 500) ont chuté de 0,93 % au mois de septembre et de 7,00 % pour l’ensemble du trimestre terminé le 30 septembre 2011. En ce qui concerne les marchés boursiers internationaux, que reflète l’indice MSCI EAFE, ils se sont dépréciés de 3,55 % au mois de septembre et de 12,49 % pour le trimestre. Le marché obligataire a connu un meilleur sort, l’indice obligataire universel DEX ayant enregistré une hausse de 1,81 % pour le mois et de 5,12 % pour le trimestre. (Tous les rendements sont exprimés en dollars canadiens.)

Rendements des indices du marché

Indice Septembre 2011 T3 2011 Cumul en 2011
Composé S&P/TSX -8,66 % -12,02 % -11,88 %
S&P 500 -0,93 % -7,00 % -4,23 %
Russell 1000 (valeur) -1,49 % -9,52 % -6,92 %
MSCI EAFE -3,55 % -12,49 % -10,46 %
MSCI World -2,60 % -9,86 % -7,53 %
DEX Universel +1,81 % +5,12 % +7,43 %
(Source : StateStreet)
Tous les rendements sont exprimés en dollars canadiens au 30 septembre 2011.

Incertitude

Même si les portefeuilles bâtis en fonction d’horizons temporels de plus longue durée seront bien positionnés pour profiter de la croissance future prévue des marchés boursiers, la volatilité à court terme que nous avons connue en septembre peut être préoccupante pour certains. La baisse des marchés est un puissant levier émotif, comme nous l’avons vu en 2008-2009, qui peut inciter certains épargnants à changer leur stratégie de placement. Habituellement, ces périodes d’extrême volatilité sont le résultat d’une grande incertitude parmi les acteurs du marché, et l’incertitude à court terme pousse l’activité quotidienne des marchés à des proportions excessives.

L’incertitude résulte principalement du doute qui règne quant à la volonté véritable des décideurs politiques et économiques mondiaux de prendre les mesures qui s’imposent. Ces décideurs, pour la plupart, connaissent la nature des problèmes auxquels ils sont confrontés, qu’il soit question de la dette souveraine en Europe, de l’inflation sur les marchés émergents ou du chômage et des problèmes de déficit aux États-Unis. Ce ne sont pas des problèmes simples à résoudre et il faudra vraisemblablement des années pour en venir à bout, mais ce sont des problèmes connus.

Il existe toutefois des solutions pour les régler. Que ce soit par l’intermédiaire des politiques monétaires des banques centrales et notamment par la gestion des taux d’intérêt et l’achat de titres de créance d’État, ou la multitude des politiques budgétaires qui s’offrent aux dirigeants en place, il existe des moyens concrets pour résoudre les problèmes de budget. C’est plutôt le doute quant à la volonté des décideurs de prendre certains risques – surtout politiques – qui alimente l’incertitude que reflète la volatilité sur les marchés.

Appétit ou aversion pour le risque

Prenons comme exemple l’opposition conceptuelle entre l’appétit et l’aversion pour le risque. Si à la lecture des manchettes publiées dans les médias, les acteurs du marché en viennent à craindre davantage que les décideurs n’agissent pas de manière appropriée (« aversion pour le risque »), ils ont tendance à transférer leurs capitaux dans les placements les plus liquides, surtout dans des bons du Trésor américain. Pour ce faire, ils liquident des placements sur les marchés boursiers « plus risqués », ce qui entraîne des fluctuations importantes des cours, c’est-à-dire de l’instabilité ou de la volatilité.

Dans le cas contraire, lorsque les manchettes donnent à penser que les décideurs sont davantage disposés à prendre les mesures appropriées (« appétit pour le risque »), ces mêmes acteurs du marché se tournent de nouveau vers les placements « plus risqués » pour profiter de leur rendement potentiel plus élevé. Ils passent alors des titres liquides (bons du Trésor) aux actions, parfois avec une conviction stupéfiante. La volatilité des marchés est amplifiée par l’activité générée par les participants qui appliquent cette stratégie et par l’effet de masse qui en résulte.

Il faut toutefois garder à l’esprit que la croissance économique mondiale, même si celle-ci est plus lente que d’habitude, est bien enclenchée. Il reste que la reprise qui fait suite à la récession de bilan que nous avons connue n’est pas semblable aux reprises qui suivent une récession conventionnelle. Les décideurs jouent ici un rôle beaucoup plus important et les acteurs du marché doivent avoir confiance dans les mesures qu’ils prennent, autrement, c’est la crise de confiance sur les marchés.

Réaction des investisseurs

Les signaux confirmant l’existence d’un cycle économique normal sont occultés par la lourdeur des mesures politiques et économiques nécessaires pour stimuler une économie qui se remet d’une récession de bilan. À défaut de ces signaux financiers et économiques conventionnels, les acteurs du marché qui transigent à court terme se tournent vers d’autres signaux et font des interprétations moins nuancées. Ils en viennent à un processus décisionnel presque binaire : appétit pour le risque ou aversion pour le risque, ce qui engendre de la volatilité.

Les investisseurs à plus long terme s’en remettent quant à eux à une méthode éprouvée qui consiste à surveiller de manière continue les indicateurs baromètres pour prendre des décisions prudentes face aux résultats de placements à long terme. Pour appliquer cette méthode, il faut d’abord structurer son portefeuille de manière appropriée, puis suivre les indicateurs économiques qui contribuent à mettre en lumière les points forts et les lacunes de cette structure dans la perspective d’y apporter des ajustements, le cas échéant.

Aujourd’hui, de nombreux investisseurs à long terme sont pris dans le tourbillon d’émotions entretenu par les médias, qui jouent à alarmer, mais aussi à divertir. Le meilleur antidote contre ce survoltage est de comprendre la motivation derrière les nouvelles présentées par les médias – une tentative de déclencher des émotions – et de bien ancrer nos décisions de placement pour l’avenir sur une analyse réfléchie.

William R. Horton jr, CFA
Chef de la Direction des placements
Services aux médecins MD inc.

Le 14 octobre 2011